- J’ai rien contre vous, je tiens à vous le dire. Je suis même plutôt content de vous accueillir, vous savez.
- Tu protèges ta famille, c’est bien normal, l’aida Will devant ce regard timide.
- Oui, mais pas seulement. Vous lui ressemblez.
- A qui ?
- Au père de la petite, et occasionnellement mari de la maîtresse de maison, expliqua t-il en empêchant Will de prendre la parole. Oui, son père. Nous ne sommes pas une « famille » nombreuse au sens où on l’entend. Il n’y a que Marie qui soit la vraie fille ici. Nous les garçons, on est tous adoptés. Mais là n’est pas le problème, ce père, dont je vous parlais…
- Il est parti, c’est ça ? Marie a dit que vous l’attendiez, tous les matins…
- Il n’est pas vraiment parti. Il s’est engagé dans l’armée, pour aider à empêcher les enlèvements d’enfants… Mais du coup, il a oublié ses propres enfants… Et sa femme.
- Je vois… et vous attendez son retour.
- Moi j’attends rien du tout, ni mes frères. Maman, elle ne l’attend presque plus non plus. En fait, y’a que Marie qui y croit encore. Elle était jeune quand il est parti, et elle est encore jeune… Elle est terriblement naïve, surtout. Alors que vous débarquiez comme ça, en lui ressemblant, en s’appelant comme lui, elle doit voir en vous le père qu’elle n’a pas.
- Je ne pense pas qu’en si peu de temps elle me prenne pour la figure paternelle !

